« Front de l’ordre » : À propos de deux manifs en mai

Du premier mai, on retient les affrontements entre SO syndical et cortège autonome. Nous y voyons autre chose, qui prend tout son sens après la manif policière du 19 mai : le renforcement du bloc de l’ordre.

Le 1er mai, l’État testait un dispositif policier à l’intérieur de la manif. Les Equipes de Liaisons et d’Informations (ELI). Les ELI, sous les ordres de la préfecture, ont négocié aves les SO et les ont laissé venir avec leur matraques, leurs gazeuses, leurs manches de pioches. Ces équipes ont informés les SO de l’avancement de leurs collègues, organisé la répression des gilets jaunes et autonomes. Les cortèges attaqués en premier lieu – et violemment – durant cette manif, ce sont les cortèges GJ et autonomes. Attaqués par la police, gazés, matraqués. Sans oublier les gardes a vues et emprisonnement. C’est dans ce contexte que les altercations se sont déroulées.

Le soutien quasi unanime de la gauche au SO, après le 1er mai, l’avalanche de communiqués délirants parlant a propos des GJ et autonomes de “fascistes” mais aussi “d’ alcooliques” (!) “violents”, “confus”, etc… ne dit qu’une chose : dans cette période violente et répressive, où les manifestations sont attaquées par la police, où il est dur d’exister dans la rue, une fraction de la classe se tient dans un légalisme qui signifie abandonner aux chiens de la répression tous les autres, voire qui encourage cette répression.

C’est la signification de la présence d’une grande partie des dirigeants de la gauche à la manifestation de la police du 19 mai :il s’agit de s’affirmer comme « l’aile gauche » du bloc de l’ordre.

Faut-il attaquer ceux qui nous abandonnent ? Que dire quand, aux côtés des SO, il y a des flics, avec des brassards bleus, mais que ce sont les GJ et autonomes, gazées et matraquées, qui sont montrées du doigt comme « fascistes » ? Quand deux semaines après, des dirigeants de gauche participent à une manifestation de flics au côté du RN ?

Nous ne pensons pas que les directions syndicales, les partis de gauche trahissent. Ils sont dans leurs rôles.
Ce rôle, c’est d’être la main gauche de l’État. En revanche, nous nous adressons à toutes celles et ceux qui étaient à nos côtés dans les luttes de ces dernières années. Ne voyez-vous pas que le chemin que vous prendriez, en acceptant d’être partie prenante de ce bloc, conduit à un écrasement certain ?

Demain, les doigts accusateurs des flics, brassard bleus, baceux, RG etc, des services d’ordres, des dirigeants syndicaux, des médias et on en passe, montreront encore la « racaille », les gilets jaunes et autonomes, la classe dangereuse, les barbares.

Demain, les loups hurleront encore pour demander plus de police, plus de matraques, plus de prisons pour y mettre cette racaille, tous les prolétaires indociles.

On le dit haut et fort, si ces gens sont de la racaille, et bien comptez nous parmi eux.