Utopie 2021 commence avec la description d’un monde sans argent, sans État et sans classes sociales : bref, un monde libéré de l’oppression, enfin autant qu’il est possible.
D’habitude, les anarchistes et les communistes réservent ce genre de thématique pour les discussions le soir au coin du feu (ou du radiateur, quand ils n’ont pas de cheminée), mais s’aventurent rarement à en faire une présentation théorique. Il faut dire que la sempiternelle question – « mais qu’est-ce que vous proposez, à la place du capitalisme ? » – a quelque chose de crispant. Et puis, les révolutionnaires conséquents ne proposent rien, puisqu’il s’agit d’élaborer collectivement, pas de réaliser un plan préétabli.
Pour autant, il ne faut pas toujours chercher à esquiver cette question exaspérante. Après tout, si on croit vraiment qu’il est possible de vivre dans un monde communiste ou anarchiste, il ne doit pas être si difficile de le décrire, comme il ne doit pas être si compliqué d’imaginer les luttes et la révolution qui peuvent y mener. C’est ce que fait ce petit bouquin, qui prend cependant soin d’expliquer que ces descriptions ne doivent pas être prises pour l’annonce d’un futur.
A lire pour se dire que le communisme et l’anarchie, finalement, ce n’est pas si utopique que ça.

Utopie 2021, Léon de Mattis, éditions Acratie.