Que ce soit au taf, face à la charge de travail, face aux patrons et petits chefs, dans la vie de tous les jours, dans les grands magasins, face à la police, nous avons des choses raconter, sur des moments de luttes ou des petites astuces pour moins galérer, rigoler et balancer au passage quelques grains de sables dans les rouages de la machine qui nous écrase.

Aussi, nous lançons un appel à témoignages : Vous avez une astuce, une histoire à partager ? Des pratiques de sabotages, de résistances, ou des petites anecdotes que vous avez envie de diffuser ? Des histoires de luttes, de grèves, qui mettent un peu de baume au coeur ? (Vous trouverez ci-dessous deux exemples qu’on a soutirés à des camarades…) Participez à notre jeu-concours : envoyez-nous vos récits par mail (c’est toujours seum@riseup.net), nous publierons ceux qui nous plairont… dans un arbitraire total.

Une histoire de couvre-feu

J’ai un chien et c’est assez pratique pour pouvoir sortir à n’importe quelle heure. Mais c’est vrai qu’acquérir un clebard juste pour s’en servir comme excuse face aux keufs peut être contraignant…On m’a parlé d’une parade : faute de chien, il parait que certains se baladent simplement avec une laisse. Si jamais l’on croise la flicaille, il reste plus qu’à prendre un air alarmé et brandir la laisse en mode “ vous avez pas vu notre chien, il vient de s’enfuir ”. (Note de la rédaction : c’est marrant mais on sait pas si ça marche.)

Une histoire au boulot

Je taffe comme ouvrier agricole. Là où je suis, y’a plusieurs lieux de travail. Notre patron, en plus d’être un patron, est un sale raciste, il nous engueule tout le temps et nous parle comme de la merde. Il vient toujours vérifier si on bosse bien en mode « surprise ». En plus d’être un taf éreintant physiquement, le patron nous met vraiment la pression en termes de charge de travail. Du coup avec les collègues on a développé quelques petites techniques pour taffer le moins possible. Dès qu’il part d’un endroit, on s’appelle pour se prévenir du moment où il risque d’arriver. On fait le même bruit que si on travaillait alors qu’on se tourne les pouces, on se débrouille pour jamais avoir fini une tache qu’il nous a donnée dans la journée pour en avoir moins à faire le lendemain, on provoque des pannes sur les machines avec lesquelles on bosse. Des fois on fait semblant de ne pas savoir utiliser telle ou telle machine pour s’éviter du boulot. Et depuis que le patron a décidé de ne plus nous payer les repas, on se prend deux heures de pause au lieu d’une. Quand on a des trajets à faire entre deux endroits, on roule moins vite pour arriver au moment des bouchons. On essaye au max de ralentir la cadence quoi ! C’est l’occaz de se marrer un peu entre collègues, et ça rend le tout un brin moins insupportable…