Dans un rapport publié le 29 janvier 2021 , deux économistes du Fonds Monétaire International, Philip Barrett et Sophia Chen, enfoncent une porte ouverte : « Il est notamment possible qu’une épidémie révèle ou aggrave des lignes de fracture préexistantes dans la société, telles que l’insuffisance des dispositifs de protection sociale, le manque de confiance dans les institutions ou le sentiment que la classe dirigeante est indifférente, incompétente ou corrompue » (Social Repercussions of Pandemics, P. Barrett et S.Chen).

De fait, le Covid-19 n’a fait que révéler ce que nous savions déjà, mais en le portant à l’incandescence : que l’économie mondialisée favorise la propagation des maladies dans des proportions incroyables ; que l’essentiel, dans notre société, c’est de bosser pour un patron et que ce qui se passe après 18 h 00 ou le week-end est accessoire ; que les pauvres sont plus touchés par les répercussions sociales de l’épidémie que les riches ; qu’on peut nous imposer, sans débats, toutes sortes de restrictions pour notre sécurité, qui s’avère cependant être surtout la sécurité de l’État et du Capital.

Le FMI, qui ne conseille pas les gouvernements qu’en matière de finance mais bien de gouvernance globale, note dans son rapport que les troubles sociaux apparaissent généralement dans les deux ans qui suivent une grande épidémie. Et les États prennent déjà des mesures préventives : en France, outre la loi sécurité globale, c’est l’anti-terrorisme (voir l’article L’ultra-parquet fout l’ultraseum) ou les campagnes de presse contre les squats (voir l’article L’affaire Roland). Dans le monde, la répression ordinaire, celle qui sévissait avant l’épidémie (par exemple au Chili, voir l’article Chili, suite mais pas fin), se tient prête. Il y a aussi les mesures pour apaiser, voire endormir, comme le chèque psy (voir l’article L’échec psy contre le seum).

Face à tout cela, il y a, certes, de nombreuses révoltes dans le monde qui n’ont pas attendu un délai de deux ans (Birmanie, Sénégal), ou de multiples sabotages, superficiels comme pour GameStop (voir l’article Game… stop), ou quotidiens (voyez notre super jeu concours ici). Mais pas encore le grand soulèvement annoncé par nos deux économistes…

Néanmoins, nous sommes bien d’accord avec le FMI : dans les années qui viennent, il est « notamment possible » que le prolétariat mondial cherche à prendre sa revanche. On est chauds !

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