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Mardi 26 janvier, les actions les plus vendues à Wall Street n’étaient pas les habituels Tesla, Amazon ou Apple, mais GameStop, une entreprise de vente de jeux-vidéos et d’électronique, peu connue avant. Mais pourquoi autant d’intérêt pour ces actions et quels sont les enjeux ? Voyons d’abord comment les traders gagnent de l’argent en bourse.

Imaginons qu’on achète des actions de l’entreprise Trucs SA pour 10 $. Si le prix des actions passe à 15 $, on peut les revendre et empocher 5 $ par action. C’est une des façons traditionnelles pour les capitalistes de gagner de l’argent sur les marchés financiers. Maintenant, imaginons qu’on pense que le prix de Trucs SA va baisser. On peut emprunter des actions (moyennant le versement d’une commission) au prix actuel (toujours 10 $) et les vendre immédiatement. On touche alors 10 $ par action vendue. Si le prix baisse à 3 $, on peut alors les racheter pour les rendre à qui nous les avait prêtées. Comme ça on empoche la différence, soit 7 $ par action. Ça s’appelle la vente à découvert (short selling en anglais). Cependant, si malgré nos prédictions, le prix de Trucs SA augmente et passe par exemple à 20 $, on sera toujours obligés de rendre les actions empruntées. Dans ce cas, on perd 10 $ par action.

Il y a des entreprises qui se spécialisent dans les diverses formes de paris boursiers : les hedge funds. Certains hedge funds avaient emprunté et revendu massivement des actions GameStop en pariant sur leur baisse. Ces opérations ont été repérées par des participants d’un forum très suivi r/WallStreetBets de Reddit, qui se sont organisés à très nombreux pour faire monter le prix de GameStop. En utilisant des applis boursières, ils ont acheté massivement des actions de GameStop. Cela a fait grimper leur prix de 40 $ à 350 $ en une semaine. Les hedge funds qui avaient parié sur la chute des cours ont dû les racheter en catastrophe de crainte que la hausse ne se poursuive, et qu’ils doivent payer encore plus pour les racheter. Sauf que ces rachats ont encore fait monter le cours de l’action.

Soyons clair, on ne pense pas vaincre les bourges sur leur propre terrain… Et puis, bien sûr, les applications qui nous proposent d’investir en bourse nos maigres économies en se présentant comme des robins des bois qui permettraient aux petits épargnants de participer au “festin boursier”… ne cherchent en fait qu’à capter le fric de leurs clients en grattant des commissions et malheur à vous quand la bourse se krache !

Mais pour le coup, le bilan de cette histoire nous a bien fait marrer : des hedge funds ont perdu 19 milliards de dollars en quelques jours, et l’appli boursière Robinhood a fini par limiter la vente des actions de GameStop (pour appliquer les réglementations boursières sur les garanties financières) ce qui a fait hurler au scandale leurs clients… Qui avaient oublié pour qui les règles sont faites ! En somme, un petit coup de chaud, avant qu’il pleuve des traders…

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